Anatomie du désir

Anatomie du désir

Création 2022-2023

- Conception Boris Gibé -

En circulaire sous chapiteau ou en salle

SYNOPSIS ET INTENTIONS

Les spectateurs sont installés dans le noir le temps d’une expérience culinaire à l’aveugle à l’intérieur d’une étrange architecture aux allures d’un grand Panopticum Anatomique. 

Une expérience particulière qui sensibilise tous nos sens au spectacle qui va commencer.

Ce prélude jouera sur nos troubles perceptifs, l’apparition progressive de la lumière à son intensité la plus infime laissera place à un ballet de particules luminescente en apesanteur : L’illusion du cosmos, la sensation pour le spectateur d’être « dans l’image » avec comme seul repère visuel les points lumineux qui circulent autour d’eux, reconstituant un micro Big-Bang. 

Nous nous jouerons ensuite du mythe de Vénus. Une écume phosphorescente éclaire les contours floutés d’un corps de femme nue. Un corps céleste en lévitation, offert au regard d’un public rassasié. 

Une Vénus en suspension, un corps désincarné comme une « coïncidence de la vie et la mort ; de l’être et du néant ». Image de la beauté, chair désirée, immaculée, magnifiée, Vénus représente l’approbation de la vie jusque dans la mort. 

De l’érotisme à la « Petite mort » dirait Georges Bataille, l’instant où le désir de transgression fait apparaître la limite et au même moment la nostalgie de l’enfance perdue. L’âme ventriloque de Vénus enfermée dans son propre corps se fait entendre par bribes, un chant discontinu s’échappe d’elle-même… Vénus, déesse de l’amour, la femme la plus regardée à travers les siècles ouvre enfin les yeux : désormais, seuls ses yeux nous parlent, rien d’autre ne bouge. Vénus offre son regard à qui veut l’accueillir, un regard bienveillant, le regard d’une vieille âme à l’apparence éternellement jeune. Etrange objet du désir qui transgresse les saveurs du goût, de l’appétissant au charnel et du charnel à l’étrange, les registres glissent du corps céleste au corps anatomique. La conscience de Vénus disparaît un temps, laissant place à un corps de cire. Un corps aimanté, dont l’épiderme frémit, dressant le duvet de poils quasi invisible qui la protège. Des instruments chirurgicaux glissent comme par magie autour d’elle, se déplacent sur son corps dans une caresse métallique. Un corps électrique, une gymnastique du visage s’empare de Vénus, des micro-mimiques, expressionnistes, dissociées et fulgurantes, racontent avec humour une Vénus consciente de sa condition. Vénus trace les contours de son buste et l’enlève. Toutes les pièces organiques du puzzle s’échappent de son corps : le foie, la rate, le cœur, l’estomac, les intestins s’envolent… 

On ne sait plus si on assiste à la remémoration d’un mythe, à une veillée funèbre, à un rituel religieux, une séance de dissection, un freak show de prothèses ou à un festin cannibale. L‘audience attablée devient un théâtre anatomique surréaliste où les organes manipulés font leur striptease.

Les figures de Vénus seront donc au cœur de notre projet. Eternellement naissante ou mise à mort, la nudité apparaît toujours plus innocente, plus vierge, face à la cruauté qui la cisèle, et en même temps la condamne toujours à être persécutée par le regard du spectateur.

Difficile aujourd’hui de porter un regard sur cette femme cisaillée qui fut mise en scène à l’époque comme la muse de l’assemblée sous le regard des hommes de science ou dans les entre-sorts forains comme une bête de foire lascive et endormie.

J’aimerais ainsi accompagner un autre regard sur ces corps anatomiques de femmes qui traversent les époques chargées de leurs esthétiques et leurs éthiques.

J’aimerais redonner le plein pouvoir de l’objet du désir, de la connaissance et de la fascination, au mystère plus profond contenu dans ces œuvres à part entières. Il s’agit par-là de creuser des questions liées à l’anatomie de notre inconscient qui incarne nos corps en le reliant au cosmos.

Cette quête poétique se nourrira de la recherche scientifique qu’elle mettra en écho, je souhaite partager et mettre en jeu des réflexions sur notre premier cerveau « notre ventre » qui détermine notre sensibilité et nos émotions.

L’équipe

• Boris Gibé – conception, mise en piste & interprétation

• Jeanne Mordoj et Elsa Dourdet – collaboration artistique et regard extérieur

• Taïcyr Fadel – conseil dramaturgique et regard extérieur

• Olivier Pfeiffer – réalisation sonore, régie générale et plateau

• Victor Egéa – réalisation lumière & régie plateau

• Audrey Veyrac – réalisation accessoires anatomiques

• Sandrine Rozier – costumes, confection textile

• Clara Gay-Bellile & Charles Bédin – collaboration à la scénographie

• Florian Wenger – direction technique, régie technique & construction

• Quentin Alart & Laurent Gautier – ingénierie structurelle & construction

• Adrien Alessandrini, Armand Barbet, Eric Capuano, Thomas Chassagny, Matias Combe, Clément Delage, Daniel Ferreira, Baptiste Lachuga, Marco, Laurent Mulowsky, Florent Seffar – construction du Panopticum Anatomique

• Marion Boire & Julien Lechevin – cuisine & manipulation et régie plateau

• Avec l’aide précieuse de Pierre Bellivier, Arnaud Paquotte, Martina Monnichi

Production

Les Choses de Rien

Coproductions

Tandem, scène nationale – Arras/Douai ; Les Deux scènes, scène nationale – Besançon ; Le Quartz, scène nationale – Brest ; Le Volcan, scène nationale – Le Havre ; Les Halles de Schaerbeek – Bruxelles ; Les Théâtres de Compiègne ; La Brèche et Le Cirque Théâtre d’Elbeuf : Plateforme des pôles cirque de Normandie ; Le Printemps des Comédiens – Montpelliers

Accueils en résidence

La Fabrique des possibles – Noailles (60) ; L’académie Fratellini – Saint Denis (93) ; Le Château de Monthelon – atelier international de création – Montréal (89) ; Festival Tempo – kaunas (Lituanie) dans le cadre de Kaunas 2022 capitale européenne de la culture” ; La Brèche, Pôle national Cirque de Cherbourg-en-Cotentin ; L’attitude 50 – Marchin (Belgique) ; Nebia – Bienne (Suisse), Théâtre de la Cité Internationale – Paris

SOUTIENS

Ministère de la Culture : conventionnement DRAC Ile de France (2021) et Haut de France (2022) ; Aide au développement – DICREAM ; Aide à la création cirque – DGCA

Avec le soutien de la Fondation d’entreprise Hermès dans le cadre du programme New Settings.