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Mouvin situ

ROAD MOVIE 2008-2014

Conception, réalisation & interprétation :
Boris Gibé & Florent Hamon

Le projet Mouvinsitu a abouti à une série de courts métrages liés à une exposition et à la création d’une pièce chorégraphique, qui invitent  le spectateur à partager un voyage mental aux croisements de différents langages scéniques et visuels.

Entre glissements inconscients, dédoublement burlesques, perte d’identité, vertiges et identités revisités, cette exploration chorégraphique et plastique du rêve vise à créer de la fiction autour de la notion de trace, de perdition de la réalité, de « ce reste » qui nous échappe et qui articule pourtant nos songes. Questionnant ainsi du faux qui dit du vrai, ils nous proposent la mise en abîme d’un rêve et nous donnent à en voir la machinerie, la fabrication « In situ ».

L’exposition se présente comme un parcours labyrinthique dans lequel les courts-métrages sont englobés au sein de dispositifs audio-visuels qui forment une architecture plus globale et donnent une unité à la proposition. Le visiteur entre dans un univers où la réalité frissonne au contact de l’imaginaire des deux artistes vidéastes qui se jouent continuellement des conventions de représentation et se nourrissent des croisements entre les différents langages artistiques. Sur un amas de télévisions entassées les unes sur les autres, on peut par exemple suivre les pérégrinations de petits bonhommes malmenés cherchant une issue dans un espace où la gravité est mouvante. À cela s’ajoute entre autres, d’astucieux petits théâtres optiques à hologrammes. L’illusion est parfaite et l’on se laisse tromper avec joie. Avec son esthétique artisanale et ludique qui donne à voir les principes de fabrication, cette installation nous fait vivre une expérience unique.

Depuis 2008, Boris Gibé et Florent Hamon interrogent à travers l’image filmée, le croisement entre danse, cirque et cinéma.
Comment le mouvement pourrait devenir un récit, ou comment ce corps contemporain peut servir une poétique désirée.

Les Cartes blanches in situ..

En dehors des théâtres, les lieux non conventionnels sont aussi des terrains de jeux privilégiés. Cette tentative laisse place aux corps quand celui-ci se laisse contaminer par l’environnement qui le conditionne. Comment l’espace contextualise-t-il notre relation au monde ? Comment contextualise-t-il la relation entre les personnes qui peuplent cet espace ? L’espace est pourtant de plus en plus une construction de l’homme, qui passe peu à peu du statut d’artisan à celui de victime. Alors pour sortir de ce phénomène, il ne reste que le vide vers lequel se retourner, ce qui nous renvoie à une autre thématique qui nous est chère … Les protagonistes qui traversent nos pièces incarnent la posture de l’homme faible, celui qui n’arrive pas à s’adapter de façon pragmatique à la réalité, aux changements de contextes induits par l’espace. Ces personnages prennent le risque d’être qualifiés de fous, parce qu’ils ont conscience d’appartenir à un tout, ou au destin du monde.