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Anatomie du désir

Un dîner spectacle phénoménologique

Création 2022

Spectcale conçu pour être joué dans l’architecture itinérante d’Il KioskO

Conception Boris Gibé

Distribution en cours

note d’intention

Qu’est qui anime la culture humaine et son désir de savoir ?
Comment apprendre à faire corps avec l’inconnu qui est en nous ?

Un dîner à l’aveugle qui devient un spectacle obscur sur la fascination du désir. Fascination d’un mystère qui nous contient ou qui est contenu dans notre assiette… Une expérience unique qui nous oblige à réévaluer complètement notre perception du gout.

Dans un premier temps, les spectateurs sont invités à plonger dans le noir le temps d’un festin. Les entrées et plats y sont dégustés. Au centre de la pièce apparaît un corps de cire nu, allongé, blanchâtre, désincarné : Vénus, déesse de l'amour, de la beauté et de la fertilité. Proie fatale, chaire désirée, immaculée, magnifiée, ciselée. Etrange objet du désir qui transgresse les saveurs du gout, quand cette expérience totale des sens nous fait revisiter le corps anatomique comme un espace imaginaire à ré-investire en chacun de nous.

« Ceci est mon corps livré pour vous ... Ceci est la coupe de mon sang ... Qui mange ma Chair et boit mon Sang à la vie éternelle ... il demeure en moi et moi en lui »…
C'est bien pour nous rappeler ce don de soi à l'humanité qu'à chaque eucharistie nous réactivons le souvenir du dernier repas. Si de coutumes les rites chrétiens nous invitent à manger le corps et boire le sang du christ, voir à déguster aveuglément par empathie une part de nous-mêmes, ici cette transgression aux limites de l’acceptable déplace les lignes, interroge à la fois une part de nos pensées éduquées et l’inconscient de nos viscères, pour en délivrer nos références culturelles et nos conceptions de la raison, à l’imaginaire de nos désirs enfouis.

De l’appétissant au charnel et du charnel à l’étrange, les registres glissent du corps céleste, au corps anatomique, du corps érotique, au corps appétissant. On ne sait plus si on assiste à la remémoration d’un mythe, à une veillée funeste, à un rituel religieux, une séance de dissection, un freaks-show de prothèses ou à un festin cannibale. Les serveuses passent du costume de deuil mexicain aux accessoires chirurgicaux, dans une confusion du genre. L‘audience attablée devient un théâtre anatomique surréaliste où les organes font leur striptease manipulées par des baguettes depuis l’étage du dessous. Une fantasmagorie culinaire qui dévore le mythe de Vénus jusqu’à s'en estomaquer.

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