Un lieu, des espaces

Un lieu, des espaces

Ce projet vient s’installer sur le site du Moulin de Pierre, à Noailles dans l’Oise (60). Un lieu mythique appartenant encore récemment à Annie et Valérie Fratellini, où s’y développa une école de cirque équestre qui forma de nombreux artistes … un héritage culturel fait de cirque et de transmission dont nous sommes issus et que nous sommes heureux de perpétuer à notre tour.

Une pépinière d’artistes

Dans un univers boisé parsemé de cours d’eau souverains, la minoterie domine de ses dix-sept mètres de haut la cascade qui la borde. Les ruisseaux qui la traversent et l’enlacent répandent sur la propriété le calme et la sérénité nécessaires à la créativité. Un espace-temps donné en suspens qui accompagne les artistes dans leurs démarches aux prémices de leurs projets, en dehors des pressions de production. Cette infrastructure permet d’encourager la recherche, l’échange d’expériences artistiques et l’ouverture à de nouveaux genres dans un cadre préservé où le processus prime sur le résultat. 

Plutôt que d’une mise à disposition ponctuelle d’espaces de travail ouverts à tout vent, La Fabrique des possibles porte une ligne directrice exigeante en concentrant l’attention des espaces à soutenir des artistes dans leurs fouilles au long cours. Ancrés sur une année, les parcours de création prennent au temps l’empreinte du lieu et lui rendent une vibration conjuguée. 

C’est donc un compagnonnage qui invite des artistes associés à venir et revenir sur quatre saisons, au travers de résidences échelonnées. La Fabrique des possibles accompagne ainsi de manière bienveillante et non intrusive l’écriture et le cheminement de chacun, en proposant des temps de présentations publiques, des laboratoires partagés, des stages de transmission associés à leurs univers.

Les espaces de travail

La Fabrique des possibles met à disposition des artistes en résidence dans la Minoterie un plateau de théâtre et un studio de danse à l’étage ; un chapiteau, un espace chapiteau viabilisé, des rivières, des arbres, de l’herbe partout et du soleil quand il fait beau : 

  La Minoterie : un plateau au rez-de-chaussée de 7m x 16m x 8m de haut + Mezzanine dans ce même volume & un studio de danse à l’étage de 7m x 16m x 6m de haut

  La Grainerie :  atelier de construction de 17x7m

• Le Chapiteau-Phare : espace de 18m accolé à l’atelier pour montage de décors ou répétitions 

• L’Espace Chapiteau : espace chapiteau stabilisé (réglementaire au cts 59) de 30×60 m avec accès poids lourd 38T

  Les extérieurs pour création in situ et hébergement en caravane : deux hectares de bois, prairie et cours d’eau.

• La Maison : chambres, sanitaires, cuisine collective, espace de restauration, espace commun de vie pouvant servir d’espace d’écriture, de réunion ou de studio de musique.

Un lieu chargé d’histoire

Fondé au XIVe siècle sur les vestige d’une chapelle par le seigneur de Trie, le moulin à farine dépend de la châtellenie de Mouchy-le-Châtel jusqu’à la Révolution française. En 1792, le moulin passe entre les mains de différents meuniers. Les bâtiments industriels sont en grande partie incendiés en 1904 et reconstruits en 1908 pour abriter une minoterie. Plusieurs propriétaires s’y succèdent à nouveau et procèdent à des agrandissements. En 1875, la chute d’eau du moulin produit une énergie évaluée à 8 chevaux. En 1902, une machine à vapeur avec générateur vient suppléer à la force hydraulique du moulin à cylindres. Au début du XXe siècle, la roue est remplacée par une turbine de 15 chevaux. A la cessation de l’activité minotière, l’atelier de fabrication comportait les cylindres de broyage au rez-de-chaussée, les machines à brosser le blé au premier étage, les plansichters (machines à blutter) au second et les têtes d’élévateurs ainsi que la réserve d’eau au troisième. En 1944, l’usine fonctionne à l’électricité et s’équipe d’un transformateur. En 1951, un nouvel incendie frappe la minoterie. L’atelier de fabrication est alors reconstruit pour quelques années d’activité. A partir des années 1960, le site accueille d’autres activités industrielles, avant de devenir en 1990 l’Ecole de cirque équestre Annie Fratellini.

Ce site mythique est un pôle attractif pour le pays depuis des siècles. En témoignent certains arbres et stèles qui l’habitent. Il fut d’abord un lieu spirituel, puis artisanal, puis industriel et plus récemment culturel. Cet espace vit intensément son histoire et le désir de La Fabrique des possibles consiste modestement à pérenniser cet héritage au travers de son projet artistique.